W.T.Brandon avec X-Pert Bassett's Nigger & X-Pert Black Lady
Charlie Lloyd avec Lloyd's Pilot
Clifford Ormsby avec CH X-Pert Brindle Biff
NO WHITE STAFF
Le raisons qui invitèrent l’AKC à fermer son livre des Origines aux American Pit demeurent, à ma connaissance, incertaines, mais, généralement, on présente comme la plus probable, une pression des éleveurs de Bull Terrier anglais, ceux la même qui, à de multiples reprises, interviendront pour que l’AKC n’accorde au futurs Staff le nom «l’American Bull Terrier » puis pour que la robe blanche à plus de 80% leur fut interdite, par crainte de voir naitre un concurent direct de leur White Cavalier.
Quoi qu’il en soit, une scission s’opéra dans le groupe des éleveurs de Pit.
Alors que rejetés par l’AKC, la plupart rejoignirent l’UKC pour ne plus le quitter, d’autres ne purent se résoudre à l’idée que la race échoue aux portes de la consécration.
Plus résolus que d’autres, un groupe d’éleveurs et d’amateurs, parmi lesquels se trouvent Wilfried T.Brandon et Cliford Ormsby (X-Pert) tous deux co-fondateurs du STCA, se consacre à la constitution d’un dossier rassemblant historique de la race, souches fondamentales, généalogie des sujets, recensement des éleveurs : des pièces indispensables qui seront présentées aux dirigeants de l’AKC.
Enthousiastes, ceux-ci nomment une commission chargée de compléter le dossier et d’élaborer un standard.
UN PIT BULL NOMME PRIMO…
Les commissaires, dirigés par Wilfried T.Brandon, en quête du canon de la race, du spécimen intégrant toutes lescaractéristiques morphologiques désirées, sillonnèrent les Etats-Unis à la rencontre d’éleveurs de Pit Bull.
C’est dans le jardin d’une magnifique demeure de la banlieue de Boston qu’ils découvrent la perle rare.
Dans le jardin de… John P. Colby. Colby’s Primo, athlétique, vif, intelligent, amical et d’une plastique proche de la perfection, devint l’essence du standard, surtout que dans ses veines coulait le sang d’une illustre lignée.
La délégation, emmenée par Brandon, l’observa un long moment, prenant toutes sortes de mesures, puis, d’un commun accord, décida que la sélection serait basée sur son modèle.
Ainsi, durant de nombreuses années, la photo de Primo illustra le standard de l’American Staffordshire Terrier et la famille Colby se vit offrir la possibilité d’inscrire gracieusement ses chiens à l’AKC.
Colby Primo présentera la particularité d’avoir trois pédigrées de trois associations différentes : ADBA (American Dog Breeders Association), UKC, et AKC.
Le 23 mai 1936, l’American Kennel Club reconnaît l’American (Pit) Bull Terrier sous le nom de « Staffordshire Terrier » ce qui fait dire à M. Louis Barton Colby, fils de John P. et continuateur de l’œuvre de son père depuis 1941 : « Seul le nom a changé, pas les lignées ».
Enfin, en 1972, le patronyme de la race est complété d’American pour prévenir d’une quelconque confusion d’avec le Staffie anglais.
PAROLES DE SAGES
Avant de conclure par le décryptage des lignées les plus recherchées et utilisées dans le monde, citons, pour tordre définitivement le cou à l’hypothétique filiation « Staffordshire Bull Terrier/American Staffordshire Terrier », trois grands personnages de la race : M.William Whitaker, président du Staffordshire Terrier Club of America durant 16 années.
" Les Staffordshire Terrier américains descendent des souches UKC ".
Quand le standard a été fait et accepté, cela supposait qu’il donnait une description parfaite de la race et, nous éleveurs, devons nous appliquer à produire un parfait American Pit Bull Terrier », M.Maxwell Riddle, juge officiel de l’AKC « l’AKC American Staffordshire Terrier et l’UKC American (Pit) Bull Terrier sont une seule et unique race » et de nouveau M.Gray (Rounder) « En 1936, il n’existait que l’American Pit Bull Terrier.
Cette années-la, l’AKC accepta l’American staff. Qui n’était qu’un Pit Bull d’exposition. Le Staff descend directement du Pit Bull américain ».
Colby's Galtie "The Irish Dog"
Corvino Gimp.
LIGNEES ET PEDIGREE
Rien n’est plus captivant et instructif que la lecture de pédigrée, d’autant plus lorsqu’il s’agit de ceux d’American Staff., dont l’origine quasi contemporaine confère une possible exploration de leur généalogie préservée et ce, jusqu’aux sources.
Remonter ainsi le cours du temps a quelque chose de magique, d’envoutant presque, pour celui qui se plonge dans les mémoires d’une race.
Cela transporte l’esprit et donne l’impression de remonter, de côtoyer les quelques grands hommes et leurs chiens qui ont écrit l’histoire des races canines d’aujourd’hui.
Voici comment en quelques dizaines de ligne nous avons parcouru 140 années d’histoire de l’American Staffordshire Terrier pour arriver aux conclusions suivantes : Tout d’abord, que dans 100% des cas, les Am-staff (qu’ils soient nés en France ou ailleurs) descendent du Pit Bull de l’UKC parmi lesquels on compte ceux de Monsieur Colby chez qui, il est bon de rappeler, Wilfried T. Brandon trouva modèle au standard de la race, et ensuite que si le Staffordshire Bull terrier est cousin, il n’est certes pas un père.
Dès 1936, date de la reconnaissance de la race par l’AKC, l’American Staff. S’est différencié du Pit Bull UKC par une sélection strictement basée sur une recherche d’esthétique et non plus sur les capacités au combat, mais depuis 40 ans cette différence s’attenue grâce à une position ferme et sans concession de l’UKC contre les combats de chiens et par l’organisation de concours de beauté dans lesquels les American Staff. De l’AKC et les Pit Bull de l’UKC sont soumis aux mêmes standards et test du comportement.
C’est ainsi que des éleveurs de renom exposent, avec fierté et respect, leurs plus beaux American Staffordshire Terrier aux coté d’American Pit Bull Terrier.
Rien à voir avec les chiens de nos banlieues dont la seule généalogie connues est celle qui s’écrit sur les murs des caves…